第1章(全8章) · A2 · やさしい
Le pari
八十日間世界一周
En 1872, à Londres, dans une maison de Saville Row, vit un gentleman très mystérieux : Phileas Fogg. Il est riche, mais personne ne sait d’où vient son argent. Il ne parle pas beaucoup. Il vit seul, et sa vie est réglée comme une horloge. Chaque jour, il sort de chez lui à onze heures et demie précises. Il passe la journée au Reform Club, son club. Il y mange, il lit les journaux et il joue aux cartes, au whist. Il rentre chez lui à minuit précis.
Ce matin-là, Phileas Fogg a renvoyé son domestique. Pourquoi ? Parce que l’eau pour la barbe était à quatre-vingt-quatre degrés Fahrenheit au lieu de quatre-vingt-six. Un nouveau domestique se présente. C’est un Français d’environ trente ans, sympathique et fort. Il s’appelle Jean, mais on l’appelle Passepartout. Il a eu beaucoup de métiers : chanteur, acrobate dans un cirque, professeur de gymnastique, pompier à Paris. Maintenant, il veut une vie calme. Il est très content : son nouveau maître ne voyage jamais !
Au Reform Club, ce jour-là, tout le monde parle d’un vol. Un homme a volé cinquante-cinq mille livres à la Banque d’Angleterre. La police pense que le voleur est un gentleman. Des détectives l’attendent dans tous les grands ports du monde. “Le voleur va s’échapper, dit un ami de Fogg. Le monde est grand.” “Le monde était grand autrefois, répond Fogg. Maintenant, on peut en faire le tour en quatre-vingts jours.”
Ses amis rient. Un journal a fait le calcul : de Londres à Suez, puis à Bombay, Calcutta, Hong Kong, Yokohama, San Francisco, New York, et retour à Londres. Total : quatre-vingts jours. “Oui, sur le papier, dit un ami. Mais il faut compter le mauvais temps, les tempêtes, les accidents…” “Tout compris”, répond Phileas Fogg. “Alors faites-le !” “Je parie vingt mille livres que je fais le tour du monde en quatre-vingts jours ou moins. Vous acceptez ?” Ses amis acceptent.
C’est un pari énorme. Vingt mille livres, c’est la moitié de la fortune de Fogg. Et il va dépenser l’autre moitié pour le voyage. “Je pars ce soir, dit-il. Nous sommes le mercredi 2 octobre. Je dois être de retour dans ce salon du Reform Club le samedi 21 décembre, à huit heures quarante-cinq du soir. Sinon, mes vingt mille livres sont à vous.”
À huit heures moins dix, Fogg rentre chez lui. Passepartout est très étonné. Son maître rentre si tôt ? “Nous partons dans dix minutes pour faire le tour du monde”, dit Fogg. Passepartout ouvre de grands yeux. “Le tour du monde ? En quatre-vingts jours ?” “Oui. Pas de valises. Seulement un petit sac avec deux chemises et trois paires de chaussettes. Nous achèterons le reste en route.” Fogg met dans le sac une grosse somme en billets de banque : vingt mille livres.
À huit heures quarante-cinq, le train part de la gare de Charing Cross. Tout à coup, Passepartout pousse un cri. “Qu’est-ce qu’il y a ?” demande Fogg. “Dans ma précipitation, j’ai oublié d’éteindre le gaz dans ma chambre !” “Eh bien, mon garçon, répond Fogg froidement, il brûlera à votre compte.”